Le béton d’enrobage et le rôle des fissures

La fissuration du béton est inhérente au matériau  lui- même, dans le sens ou ce matériau est  actif et réagit  avec tout ce qui peut l’environner ou le solliciter.

La fissuration du béton peut avoir une origine mécanique, physique ou chimique.

Les fissures ont un rôle à part, car ce sont des passages préférentiels pour la pénétration du milieu ambiant à l’intérieure, même, de ce matériau.

Dans le cas, ou ces fissures atteignent les armatures et si de plus les fissures sont traversantes, le phénomène de corrosion peut s’amorcer très rapidement.

Il se produit tout d’abord une perte d’adhérence locale, pouvant se propager le long du profil de l’armature.

Le milieu agressif environnant peut alors pénétrer jusqu’au cœur du réseau d’armature pour le dépassiver et ainsi déclencher le processus de corrosion.

Parallèlement, le front de progression des agents agressifs se modifie et la micro-fissuration commence à jouer un rôle qui deviendra important dans l’évolution du processus, ceci en créant des zones anodiques qui vont se développer en fond des fissures.

Des phénomènes physico-chimiques peuvent aussi influencer l’évolution des processus :

-obturation des fissures par des dépôts de CaCO2 ( en atmosphère courante ), ou dépôts de magnésie ( en atmosphère marine ), qui limitent l’accès de l’oxygène et celui des éléments agressifs par blocage ou par auto-colmatage.

Le milieu électrolytique en fond de fissure peut alors se réorganiser en se ré-alcalanisant,  et remonter les pH, ceci de façon progressive en entraînant alors une repassivation, des armatures dépassivées pendant la phase « d’amorçage » de la corrosion.

-ouverture périodique des fissures sous l’influence des charges répétées.

Le liquide contenu dans les fissures va se trouver ainsi renouvelé périodiquement, ce qui aura pour conséquence que la corrosion va pouvoir progresser très rapidement dans ce cas de figure courant.

Il n’existe cependant pas de corrélation, ni de relation directe entre la corrosion et l’ouverture des fissures non traversantes, dans un domaine d’ouverture de 0,05 à 0,5 mm.

Cela qui signifie que « la micro-fissuration et la petite fissuration, non traversante » ne sont pas toujours les principaux facteurs du développement  des phénomènes de corrosion, sauf si les réseaux d’armatures sont disposés trop près des parements, et donc insuffisamment enrobés, ou enrobé par un béton de mauvaise qualité ou trop poreux.

Et dans ce cas, si l’on affaire à un béton sain, on constate que, suite à l’amorçage de la corrosion, mais du fait de cet  auto-colmatage et de la repassivation des aciers dans ces zones fissurées, l’Ouvrage va se comporter sur le plan de la corrosion comme s’il n’était pas fissuré.

Cependant, cette phase « dormante » durera le temps, que mettront les agents agressifs, dont les chlorures et la carbonatation, à pénétrer la couverture de béton des aciers d’armature.

Ensuite s’amorcera le processus de corrosion qui engendrera les désordres sur les aciers, qui, eux seront irréversibles.

Seul un traitement faisant appel à des méthodes bien adaptées, pourra s’opposer et résoudre durablement ces problèmes de corrosion des aciers d’armature.

Le sujet est vaste, et n’est pourtant pas simple, car les différentes modélisations de ces phénomènes sont nombreuses

Yves ROQUELLE
Ingénieur Civil E.I.G.

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