Les désordres et les dégradations des bétons

Les Ingénieurs visitent régulièrement des Ouvrages, qui présentent des désordres, ils en rencontrent fréquemment, qui apparaissent sous forme de fissures, de lézardes, d’éclats, d’épaufrures, de gonflements, efflorescences, cloques, etc.……

Cependant, si la protection de la couverture béton est déjà dégradée, c’est que la corrosion des aciers s’est déjà amorcée dans les zones voisines, sans pour autant avoir provoqué de désordres visibles sur le parement extérieur.

Une investigation des supports devient alors nécessaire et doit être menée de façon rigoureuse, afin de bien cibler les causes ayant engendrées les désordres.

Car, seul un bon diagnostic permettra la bonne remise en état de l’Ouvrage, ceci au juste coût et surtout pérennisera de façon certaine la durée de celle-ci dans le temps.

Un béton est considéré comme sain lorsqu’il remplit les fonctions pour lesquelles il a été prévu, qui sont notamment sa résistance mécanique et ses critères de bonne sécurité.
Un béton réalisé conformément aux Règles de l’Art est durable dans le temps, mais dans le cas contraire il pourra se dégrader si ces Règles non pas été respectées.

Une matrice de béton durcie est constitué d’agrégats enrobés dans une pâte de ciment comportant des vides et des cavités de dimensions différentes et variables dont on peut dire qu’ils sont de l’ordre de 10 pour les capillaires et de 10-3 pour bulles.

Ces cavités, ces pores et ces bulles contiennent des solutions interstitielles aqueuses qui sont chimiquement compatibles avec la matrice de béton durcie.

La plupart du temps les solution interstitielles aqueuses réagissent avec le ciment, ceci pendant plusieurs mois et cela peut grandement améliorer la qualité d’un béton.
Cependant si ces solutions interstitielles contiennent des agents agressifs, tels que : sulfates, chlorures, CO2, ect…., elles peuvent aussi dégrader très rapidement le béton

On s’aperçoit, souvent très rapidement, que les agents agressifs ayant engendrés des dommages aux bétons et entraînés la corrosion des aciers sont principalement, pour les cas courants d’Ouvrages :
-la carbonatation ( CO2 )
-les attaques les plus agressives pour les bétons sont souvent les milieux salins (avec les chlorures) et les milieux sulfatiques……….
-et toutes les agressions chimiques diverses propres à la situation ou à la destination de l’Ouvrage.

Et il convient de bien noter que l’altération chimique des bétons à souvent pour origine soit :

  • une réaction de dissolution, soit une réaction produisant des sels expansifs, qui entraînent fissurations et éclatements des bétons
  • on citera également les attaques bactériogéniques.
  • on citera aussi le phénomène de la corrosion électro-chimique, qui est le facteur principal de la corrosion des aciers d’armature dans les bétons.

Il sera nécessaire alors d’évaluer les profondeurs de pénétration des agressions par des essais ( destructifs ou non destructifs ), qui vont permettre d’évaluer correctement l’étendue des zones de béton attaquées, ainsi que celles des aciers corrodés, afin de prévoir l’évolution des désordres et ainsi déterminer les remèdes à apporter.

Il est fréquent de constater, que dans la pratique, cette phase importante, qui va être une source de renseignements appréciables est souvent mésestimée et voire même très souvent occultée.

Pourtant elle permet de connaître de façon précise l’état structural de l’Ouvrage et de cerner de très près une bonne approximation de l’ampleur des réparations à prévoir.
Il existe de nombreuses techniques fiables qui aident à connaître l’état des bétons d’un Ouvrage et dont nous parlerons ultérieurement sur ce site.

Yves ROQUELLE
Ingénieur Civil E.I.G.

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