Louis VICAT : du ciment artificiel au béton armé

C’est en 1842 que fut crée la première cimenterie, sur les pentes du Mont RACHAIS, près de GRENOBLE.

En 1853, Joseph VICAT, fait construire l’usine de Genevrey-de-Vif et entreprend la fabrication « de ciment artificiel à prise lente », selon les procédés scientifiquement éprouvés et mis au point par son père Louis VICAT.

Grâce aux travaux de Louis VICAT sur les ciments artificiels, le béton, sous toutes ses formes, est actuellement devenu le matériau le plus utilisé dans la construction.

C’est vrai qu’il présente des avantages nombreux et une grande facilité d’emploi; ceci avec un coût de matières premières peu élevé, un coût d’entretien relativement faible, surtout si la particularité spécifique des Ouvrages a été bien intégrée en phase de projet.

Du plus, il offre la possibilité de réaliser des structures de géométries particulières et adaptées à des usages précis, esthétiques, durables, etc……………
Cela dit, il reste cependant un matériau relativement sensible aux agressions présentes dans l’environnement dans lequel il se trouve.

Il subit l’influence des variations thermiques et hygrométriques, celles des gaz, des chlorures, des sels, des agressions chimiques diverses, etc……..
La corrosion des bétons résulte, dans la plupart des cas, d’une réaction chimique de sa structure avec le milieu ambiant et cela peut aboutir à la détérioration de ses propriétés mécaniques, voire dans des cas extrême à la ruine de l’Ouvrage.

Les 3 grands types de corrosion des mortiers et des ciments hydrauliques sont :
a) La destruction de la pâte de ciment par les attaques acides ou basiques.
b) Le lessivage de la pâte de ciment, (eaux douces agressives, etc….).
c) La modification de la pâte de ciment, ( par exemple : par les sulfates qui réagissent avec la chaux, etc…).

La principale vulnérabilité des structures en béton armé est surtout celle due aux phénomènes de corrosion des aciers d’armature.
Les Ouvrages de génie civil réalisés en béton armé précontraint sont très concernés par les phénomènes de dégradations, de vieillissements, de corrosions, d’agressions diverses, etc…
Ces Ouvrages étant « plus sensibles », il est indispensable de les protéger efficacement et d’assurer une inspection et un entretien régulier des structures et des supports.

En effet, les coûts de réparations de ces Ouvrages sont en général très élevés et nécessitent souvent l’arrêt complet de l’exploitation pendant la phase de réparation ( tels les STEP, les réservoirs et châteaux d’eau, les ponts, les bâtiments et complexes industriels, les aqueducs, etc.……..).

Les réparations « lourdes » de ces Ouvrages nécessiterons la mise en œuvre de techniques particulières, telles que :
-rajout et mise en tension de câbles supplémentaires, ajout d’une précontrainte additionnelle, renforcements de la structure par collage de matériaux composites (fibres de carbone, tissus imprégnés de résines spéciales thermodurcissables), injections, béton projeté, etc… ou dans certains cas : modifications complètes du système statique de l’Ouvrage, etc….

Quel que soit le types de structures en béton armé, on s’attachera à déterminer précisément l’origine et l’étendue des désordres et on étudiera les sollicitations diverses et les agressions auxquelles sont soumis l’Ouvrage, ainsi que leurs évolutions possibles dans le temps.

On fera des « sondages ou des auscultations » de l’Ouvrage, qui vont permettre de faire un diagnostic le plus précis possible.
Dès lors que les pathologies seront identifiées, il faudra établir un « process » de réparation, ceci en fonction des produits adaptés aux types de dégradations.
On se dirigera ensuite vers une phase de chantier, ceci avec le contrôle des résultats obtenus, qui feront l’objet d’un suivi périodique si nécessaire.
De même, on tentera d’estimer de façon précise les effets des pathologies sur la sécurité structurale de ces Ouvrages.

Pour les cas, ou des changements d’affectations d’Ouvrages devront être réalisés, il sera opportun de profiter de la période transitoire pour vérifier l’état des structures et la compatibilité des protections des bétons face aux impératifs exigés par leurs futures utilisations.

Dans ce but une méthodologie de mise en conformité des Ouvrages devra être élaborée, afin de garantir une protection efficace et durable dans le temps.
Il s’agit dans tous ces cas, d’aborder un domaine très particulier et très spécialisé, dans lequel, il s’avère nécessaire de posséder une réelle compétence.

Yves ROQUELLE
Ingénieur Civil E.I.G.

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