Louis Vicat : père des ciments modernes

Durant l’Antiquité les maçonneries étaient liées à l’argile ou « montées » sans liant.
On trouve en « Egypte » à cette époque un plâtre peu élaboré, qui est néanmoins utilisé comme liant.

A Babylone les maçonneries étaient souvent liées avec un mélange de bitume et de sable.

Les GRECS, on été les premiers à utiliser la chaux obtenue par cuisson du gypse.

Les Romains, grands constructeurs, se servirent de la chaux vive obtenue par cuisson de calcaire en l’améliorant avec des ajouts de pouzzolane soit naturelle comme les cendres volcaniques, soit artificielles comme les briques en argiles pilées.
Ils avaient constaté que ce mélange était capable de faire sa prise dans l’eau et de devenir très résistant.

C’est ce ciment Romain, qui est en fait un intermédiaire entre la chaux et un véritable ciment.

Il ne sera fait aucun progrès depuis le ciment Romain et la « renaissance » de la chaux hydraulique au XVIIIème siècle.
L’amélioration de la chaux hydraulique est due surtout aux nouveaux procédés de cuisson, mais elle reste néanmoins encore qu’un intermédiaire entre chaux et ciment.
Cependant vers 1756, l’Anglais SMEATON découvrit que les chaux les plus hydrauliques, donc celles effectuant les meilleures prises, sont le fruit d’un mélange de calcaire et d’argile.
Et non, celles composées uniquement de calcaire pur, comme le voulait la fabrication de l’époque.
SMEATON va y incorporer des pouzzolanes et obtenir ainsi un mortier aussi dur que la pierre de Portland.
Cette pierre est à l’origine de ce que l’on nomme aujourd’hui « le ciment Portland ».
Le précurseur et innovateur dans le domaine de l’étude scientifique des chaux, ciments et des mortiers a été Monsieur Louis VICAT.
En effet, de 1812 à 1817, l’Ingénieur Louis VICAT étudie de façon scientifique et méthodique, les chaux hydrauliques et ses études vont le conduire à mettre en évidence les principes chimiques fondamentaux, qui vont aboutir à définir les méthodologies, qui codifient depuis, l’élaboration et la fabrication des ciments artificiels.
Et en 1818 Louis VICAT publie : « RECHERCHES EXPERIMENTALES SUR LES CHAUX DE CONSTRUCTION, LES BETONS ET LES MORTIERS ORDINAIRES ».
L’Ingénieur Louis VICAT a dès lors, défini les principales règles qui régissent la fabrication des ciments artificiels et sera, de ce fait, considéré à juste titre, comme « l’Inventeur » et comme « le Père des ciments modernes ».
Cette découverte, qui fut l’aboutissement d’un énorme travail entrepris par l’Ingénieur Louis VICAT, allait donner naissance à une véritable révolution dans l’Art de construire et bien sûr nous conduire très vite à l’essor fabuleux des constructions en béton armé.
Dans le vaste domaine des pathologies des liants hydrauliques, il faut se rappeler que Louis VICAT a, là aussi été un précurseur et qu’il a très largement contribué à la connaissance des phénomènes d’agressions chimiques, qui détruisent les pâtes de ciment, notamment pour ce qui concerne l’attaque de la chaux du ciment par le sulfate de magnésium.
Louis VICAT avait déjà rédigé en 1854, un ouvrage intitulé : « RECHERCHE DES CAUSES PHYSIQUES DE LA DESTRUCTION DES COMPOSES HYDRAULIQUES PAR L’EAU DE MER », cet ouvrage lui valu de nombreux prix et la reconnaissance unanime des milieux scientifiques de l’époque.
C’est probablement le premier ouvrage relatant de faits scientifiquement vérifiés, qui expliquent les origines et les causes des agressions, provoquées sur les chaux, les ciments et les bétons, ainsi que les effets, qui en résultent.
L’Ingénieur et Homme de Science érudit qu’était Louis VICAT à largement ouvert la voie à l’étude scientifique de la pathologie des chaux, des ciments et des bétons et le développement de cette science s’est fait sur la base de ses premiers travaux, qui en ont codifié le fondement.
De plus, son désintéressement financier à l »égard de ses propres découvertes en font un Grand Humaniste.
En 1824, l’Anglais ASPDIN prit un brevet pour la fabrication du ciment Portland, mais le produit était encore mal maîtrisé et ce fut qu’en 1845 que l’Anglais JOHNSON indiqua de façon précise les règles de fabrication.
A la fin du XIXèmè siècle en France la composition chimique des divers constituants du ciment Portland fut mise en évidence par LE CHATELIER et celle-ci sera achevée par l’Américain BOGUE au XX ème siècle.
Yves ROQUELLE
Ingénieur Civil E.I.G.

Cette entrée a été publiée dans Pathologie, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.